Installation et gestion de l'infrastructure de télécommunications

Bulletin technique (2003-001)

Objectif

Le présent document s'adresse principalement aux gestionnaires des immeubles et des installations ainsi qu'aux gestionnaires immobiliers des AFPS, mais il peut être utile aux conseillers des services de gestion des locaux destinés aux clients (CSC), aux agents de location immobilière et à d'autres personnes intéressées aux questions immobilières. Ce document fait partie intégrante des conseils pratiques sur les télécommunications et vise à fournir des renseignements techniques de soutien. On trouvera à l'Annexe A des renseignements additionnels sur l'infrastructure de télécommunications d'un immeuble.

Pour les besoins du présent document, l'infrastructure de télécommunications d'un immeuble se compose de deux éléments principaux :

  • les espaces de télécommunications (locaux) et les voies d'accès (conduits, chemins de câbles);
  • les câbles de télécommunications et les composants connexes tels que les prises, la quincaillerie d'interconnexion, etc.

Ainsi définie, l'infrastructure de télécommunications n'englobe pas le matériel électronique installé dans les locaux de télécommunications tel que les interrupteurs de réseau, les routeurs, les standards privés, etc. ni le matériel de télécommunications installé ailleurs dans l'immeuble (en particulier dans les aires de travail) tel que les appareils téléphoniques, les télécopieurs ou les cartes réseau des ordinateurs que l'on trouve soit dans les aires de travail ou dans les salles de serveur.

Contexte

Beaucoup de ministères et d'organismes du gouvernement fédéral ont créé leur infrastructure de télécommunications de façon indépendante et sans aucune coordination centrale. D'ordinaire, dans les immeubles qui abritent plus d'un ministère, chaque ministère planifie et installe son infrastructure de télécommunications en se fondant sur l'espace précis qu'il occupe, sans tenir compte des autres ministères qui partagent l'immeuble. Il en résulte que les normes et les méthodes appliquées par les ministères et les organismes occupants sont différentes et ne sont pas optimales du point de vue du gouvernement du Canada.

Cette approche fragmentée entraîne notamment des lacunes lorsque les besoins d'espace des ministères changent de façon importante. Souvent, l'infrastructure de télécommunications doit être remplacée ou modifiée profondément, ce qui exige des dépenses en immobilisations additionnelles. En outre, le local peut rester vacant plus longtemps qu'il n'aurait été nécessaire si une infrastructure de télécommunications réutilisable avait été conçue et installée selon une approche holistique.

Cette situation est due en grande partie aux politiques de financement, puisque d'ordinaire chaque ministère est obligé de payer en tout ou en partie le câblage de télécommunications dans ses locaux. Dans le cas de certains projets, SPAC a financé l'infrastructure de télécommunications de l'immeuble et a installé un système holistique souple et capable de supporter des locations multiples à condition qu'il soit correctement géré après l'installation.

Quelques-unes des inquiétudes et des déficiences communes additionnelles sont énumérées plus loin. Il se peut qu'il existe une ou plusieurs situations de ce genre dans les mêmes immeubles.

Recommandations

Conception holistique - Installation et gestion

Observations

De grands projets de câblage sont donnés à contrat par les occupants à l'insu et sans l'approbation du gestionnaire immobilier. Parfois, on installe un nouveau câblage sans respecter les codes et règlements pertinents ni les bonnes méthodes d'ingénierie. Ces mêmes problèmes peuvent se poser durant les travaux permanents visant à mettre en œuvre des changements dans les installations de câbles par suite des déménagements, des agrandissements ou des modifications touchant le personnel et les installations. Voici, par exemple, quelques-uns de ces problèmes :

  • des câbles sont installés sans support et reposent sur des carreaux de plafond;
  • des câbles ne sont pas convenablement cotés pour leur résistance au feu;
  • des éléments coupe-feu ne sont pas utilisés;
  • des câbles sont installés trop près des appareils électriques, créant ainsi un danger dans les tunnels de service (espaces clos);
  • des systèmes de câblage, ainsi que l'infrastructure qu'ils supportent, peuvent créer des entraves à d'autres systèmes du bâtiment tels que les commandes automatiques, les systèmes électriques, les communications internes, etc.
  • des systèmes de câblage ne sont pas étiquetés ni mappés;
  • des dossiers exacts ne sont pas tenus et peuvent même ne pas être fournis;
  • des câbles excédentaires ne sont pas enlevés.

Il y a trois grandes sources d'économie en immobilisations ainsi qu'en exploitation et entretien qui découlent de l'application d'une approche holistique vis-à-vis de la conception, de l'installation et de la gestion de l'infrastructure de télécommunications. L'Annexe A explique l'infrastructure de télécommunications dans un immeuble, précise ce qu'on entend par conception holistique, et indique les avantages d'une conception holistique par rapport à l'approche fragmentée habituelle.

  • L'installation d'une infrastructure de télécommunications en vertu d'un marché unique offrira des économies de coûts contrairement à l'installation de la même infrastructure en vertu de multiples petits marchés – un pour chaque ministère ou organisme occupant.
  • L'infrastructure de télécommunications peut être facilement ajustée et réutilisée après un changement d'occupant, si les besoins d'un occupant sont différents ou s'il y a une variation dans l'attribution des locaux aux ministères ou organismes occupants.
  • Les coûts de mise en œuvre des DAM (déménagements, agrandissements, modifications) dans le système de câblage des télécommunications (requis lorsque les occupants déplacent leur personnel) sont moindres lorsque l'on tient des dossiers exacts et que l'on place les commandes en vrac pour tenir compte des besoins de tous les ministères occupants de sorte que la compagnie de câblage peut effectuer des travaux pour plus d'un occupant en une seule visite.

Recommandations

  • L'infrastructure de télécommunications devrait être conçue, mise en œuvre et gérée d'une façon holistique. Il serait préférable que SPAC assume la propriété et la gestion de ce système.
  • Un système de gestion globale des installations de câbles devrait être mis en œuvre afin de contrôler l'infrastructure et de tenir à jour les dossiers. La meilleure option est l'offre de service des Opérations immobilières pour la gestion des installations de câbles.
  • Des dossiers exacts doivent être créés par l'entrepreneur qui fait l'installation initiale et doivent être maintenus par les entrepreneurs qui mettent en œuvre les DAM permanents. Ces dossiers (de préférence en copie électronique) constituent un élément essentiel du système de gestion des installations de câbles. Avant de créer des dossiers pour un système existant, il faudrait faire une vérification de télécommunications détaillée.

Espaces de télécommunications et voies d'accès

Observations

L'un des éléments les plus essentiels dans un immeuble est l'infrastructure des espaces (locaux) et des voies d'accès (conduits, chemins de câbles). Cet élément doit être planifié dès les premières étapes du projet. Il s'agit de l'un des composants les plus importants à considérer pour créer un système appelé à durer. Lorsqu'ils sont bien conçus, les espaces et les voies d'accès faciliteront les changements futurs apportés à l'infrastructure.

Pour mettre en œuvre une infrastructure d'espaces et de voies d'accès, on devrait adopter une approche holistique et considérer non pas uniquement l'espace alloué à chaque occupant, mais l'immeuble dans son ensemble. Les locaux de télécommunications sont définis en principe comme étant partagés – tous les locataires qui les utilisent doivent y avoir accès.

On trouvera dans l'Annexe A plus de renseignements sur les espaces et les voies d'accès de télécommunications.

Une fois élaboré le plan des espaces et des voies d'accès de télécommunications, il convient de construire le terminal principal / local de matériel (TP/LM), le local d'entrée (LE) et les locaux de télécommunications d'étage (LT) aussitôt que possible. On pourra ainsi créer un réseau de câblage de base et établir un point de démarcation unique pour les installations de tous les transporteurs de télécommunications qui fournissent les services, ce qui évitera à ces derniers l'obligation de poser leurs câbles à plusieurs endroits dans l'immeuble.

Si on peut continuer à utiliser les locaux de télécommunications existants (agrandis au besoin), on devrait pouvoir créer un réseau de base holistique dans les locaux existants et accélérer ainsi le processus d'établissement d'un point de démarcation unique.

Recommandations

  • Évaluer les espaces et les voies d'accès de télécommunications existants dans chaque immeuble. Pour accomplir cette tâche, on doit faire une vérification d'infrastructure de télécommunications (VIT). On peut obtenir le modèle des VIT auprès de la Gestion des immeubles et des installations.
  • Élaborer pour les espaces et les voies d'accès de télécommunications un plan qui devrait être mis en œuvre en tenant compte des déficiences de l'infrastructure actuelle, des exigences des normes (mentionnées à l'Annexe A) et des défis particuliers de l'immeuble. Cette tâche devrait être accomplie par un ingénieur qualifié en télécommunications.
  • Élaborer une stratégie de mise en œuvre.
  • Construire un local d'entrée (LE) pour abriter les terminaisons des câbles des transporteurs de télécommunications. Ce local contiendra aussi le matériel appartenant aux transporteurs de télécommunications et le point de démarcation entre le matériel des transporteurs et celui de la Couronne.
  • Créer un seul terminal principal / local de matériel (TP/LM) dans l'immeuble. Le TP/LM devrait desservir l'ensemble de l'immeuble ou du moins l'ensemble des clients du gouvernement fédéral.
    Nota : Il ne faudrait pas confondre la salle d'ordinateur ou un centre de données du client avec le TP/LM ou le LE. Le matériel de la salle d'ordinateur du client devrait être raccordé à l'infrastructure de télécommunications de l'immeuble d'une façon similaire à n'importe quel autre ordinateur.
  • Construire à chaque étage des locaux de télécommunications (LT) accessibles, de préférence, à partir d'une aire centrale ou commune.
  • S'assurer que tout ouvrage subséquent (y compris les aménagements) est conforme au plan.
  • Installer un réseau de câblage de base commun aussitôt que possible. Une fois le réseau installé, encourager les occupants à l'utiliser et s'assurer que les câbles et le matériel des transporteurs de télécommunications sont enlevés ou réinstallés dans un point de démarcation unique, de préférence, dans le local d'entrée.
  • S'assurer qu'un câblage horizontal est installé par la suite pour utiliser ce réseau de câblage de base.
  • S'assurer que des dossiers exacts sont produits pour l'installation et qu'ils sont tenus à jour. Les gestionnaires des immeubles et des installations ou leurs représentants devraient être responsables de la tenue de ces dossiers.
  • S'il y a lieu, recommander l'offre de service de SPAC pour la gestion des installations de câbles.

Contrats de location/licence

Observations

Beaucoup de transporteurs de télécommunications qui fournissent des services aux immeubles ne sont pas couverts par des contrats de licence. Il y a des décisions du CRTC qui régissent l'accès à l'immeuble. Les transporteurs exigent souvent d'avoir en propre et de façon distincte leur point de présence (PDP) dans l'immeuble.

La Direction générale des locaux loués à établi pour les télécommunications un modèle de contrat de licence générique que les GII peuvent utiliser avec l'aide des agents de location. Les contrats de location et les accords d'occupation ne s'alignent pas sur ce qu'un client peut faire ou ne pas faire en ce qui a trait au câblage interne dans les immeubles appartenant à la Couronne. On est en train de modifier les contrats de licence en télécommunications pour exposer en détail ce qu'un client peut faire ou ne pas faire.

Nota : Les GII ne peuvent pas passer de convention de services avec les transporteurs - utiliser les contrats de licence en télécommunications (CLT) de SPAC.

Il arrive fréquemment que des antennes et autres installations de toiture appartenant aux transporteurs ne sont pas couvertes par des contrats de licence.

Recommandations

  • L'accès à l'immeuble doit être couvert par le « contrat de licence » avec le transporteur. Ces contrats devraient s'appliquer à tous les transporteurs (existants et nouveaux).
  • Si l'immeuble possède un réseau de câblage de base appartenant à la Couronne :
    • les transporteurs devraient être obligés de terminer tous câbles et d'installer tout équipement leur appartenant dans un seul local partagé, de préférence dans le local d'entrée;
    • les transporteurs ne devraient pas avoir le droit de poser leurs câbles dans d'autres endroits de l'immeuble;
    • les transporteurs devraient avoir un espace désigné dans ce local d'entrée partagé selon leurs besoins réels;
    • les transporteurs devraient être obligés d'enlever leur équipement lorsque celui-ci n'est plus nécessaire;
    • les transporteurs doivent être responsables de la protection de leur équipement dans ce local partagé en fournissant, par exemple, leurs propres enceintes avec treillis métallique, leurs armoires verrouillées, etc.
  • Si l'immeuble ne possède pas un réseau de câblage de base appartenant à la Couronne, d'une façon temporaire  :
    • les transporteurs peuvent avoir la permission de poser leurs câbles dans l'endroit précis demandé par l'occupant, sous réserve de l'approbation de SPAC;
    • les transporteurs peuvent avoir la permission d'installer leur équipement à l'endroit précis demandé par l'occupant.
  • Les contrats de licence doivent :
    • tenir compte des exigences précédentes;
    • comprendre un énoncé de responsabilité pour la prestation d'un local partagé aux transporteurs et les interruptions de services causées aux transporteurs en raison de dommage ou d'atteinte à l'intégrité des câbles appartenant à la Couronne qui se trouvent dans l'immeuble;
    • respecter les décisions du CRTC.
  • L'accès de la toiture doit être géré de la même façon que l'accès de l'immeuble dans son ensemble. Tout transporteur qui installe un équipement sur la toiture devait avoir un contrat de licence approprié.
  • Les transporteurs doivent fournir la preuve que l'équipement est installé de façon sécuritaire et qu'il respecte tous les codes pertinents.
  • Il est obligatoire de maintenir l'intégrité de la toiture et de l'infrastructure de câblage de l'immeuble.
  • Les câbles des appareils montés en toiture pour fournir des services aux occupants de l'immeuble devraient passer par des voies d'accès et se terminer dans le local d'entrée.

Sécurité

Observations

Dans beaucoup d'immeubles, il n'existe aucune procédure ou protocole précis pour surveiller l'accès des locaux de télécommunications

Recommandations

  • On doit établir des procédures ou des protocoles concernant l'accès des locaux de télécommunications, du terminal principal / local de matériel (TP/LM) et du local d'entrée (LE) par SPAC, les occupants et les transporteurs de télécommunications. Ces procédures ou protocoles doivent respecter les questions de sécurité légitimes tout en assurant le rendement opérationnel nécessaire. Si un système de câblage holistique est installé, les transporteurs exigeront en général d'avoir accès au local d'entrée (LE) seulement.
  • Ces procédures doivent tenir compte des éléments suivants :
    • le besoin de chaque partie d'avoir accès à un local particulier;
    • les systèmes d'accès qui contrôlent ces locaux, par exemple les serrures, les cartes d'accès, les verrous d'alarme avec NIP, etc.);
    • l'autorisation de sécurité minimale des employés qui ont le droit d'accès.
  • Les procédures devraient aussi prévoir une liste de contrôle pour vérifier les entrées avec les noms des personnes, le local et l'heure d'entrée.

Définitions

TP/LM
Terminal principal / Local de matériel : local où se termine le réseau de base et où se font toutes les interconnexions, habituellement dans la partie inférieure de l'immeuble; local qui abrite également le matériel de télécommunications électronique appartenant à la Couronne, c'est-à-dire les interrupteurs de réseau, les routeurs, etc.
LE
Local d'entrée : local où se terminent tous les services du transporteur; point de démarcation du câblage extérieur; partie distincte du TP/LE ou local adjacent au TP/LE.
LT
Local de télécommunications : local où tous les câbles horizontaux de chaque étage se terminent et se raccordent au réseau de base de l'immeuble; local qui abrite habituellement les interrupteurs de réseau et d'autres appareils de télécommunications actifs qui desservent l'étage.
Réseau de base
Câblage qui raccorde chaque LT au TP/LM.
Point de démarcation
Point de changement de contrôle opérationnel ou de propriété. En l'occurrence, le point de démarcation est le point qui sépare les câbles et autres appareils appartenant aux transporteurs de télécommunications tels que Bell, Telus, AT&T et Rogers, et les câbles et autres appareils appartenant au propriétaire ou aux locataires de l'immeuble. Sur le plan géographique, ce point correspond à une frontière.

Annexe A : Infrastructure de télécommunications - Points saillants

L'infrastructure de télécommunications d'un immeuble se compose de deux éléments principaux :

  • les espaces de télécommunications (locaux) et les voies d'accès (conduits, chemins de câbles);
  • les câbles de télécommunications qui relient entre eux les locaux de télécommunications et qui vont du local de télécommunications d'étage, anciennement appelé « armoire », à l'aire de travail ou à un dispositif final tel qu'un serveur.

Des normes de télécommunications ont été élaborées à partir de ces deux éléments principaux.

La norme concernant les espaces et les voies d'accès de télécommunications est la CAN/CSA-T530-99, Commercial Building Standard for Telecommunications Pathways and Spaces (T530). Cette norme CSA est une reproduction de la norme équivalente américaine TIA/EIA-569-A. Puisqu'on a apporté à la norme américaine des addenda qui ne se retrouvent pas dans la norme CSA, la norme américaine (TIA/EIA-569-A plus les addenda) est maintenant plus à jour que la norme équivalente CSA. Par conséquent, il est préférable de se reporter à la norme TIA/EIA tout en tenant compte des exigences pertinentes des codes canadiens.

La norme concernant les câbles de télécommunications se trouve dans CAN/CSA-T529-95, Telecommunications Cabling Systems in Commercial Buildings (T529). Là encore, cette norme CSA est une reproduction de la norme américaine équivalente. Toutefois, comme la norme CSA n'a pas été mise à jour depuis plus de 7 ans, elle est devenue périmée, tandis que la norme TIA/EIA-568-B (la norme équivalente américaine) a plusieurs fois été actualisée. Par conséquent, il est recommandé d'utiliser la norme TIA/EIA-568-B, adaptée au besoin, pour satisfaire aux exigences des codes canadiens. À noter que, selon la définition donnée dans ces normes, le terme télécommunications englobe tous les types de signaux électroniques – voix, donnée, image, etc.

Système de télécommunication typique

Cette image décrit l'infrastructure type servant aux télécommunications d'un immeuble. Voir lien ci-bas pour la longue description.

Longue description du système typique est disponible sur une page séparée.

Le tableau intitulé « Système de télécommunication typique » montre l'infrastructure de télécommunications typique dans un immeuble, selon la définition donnée dans ces normes. On trouvera un tableau semblable dans la norme T530 ou TIA/EIA-569-A, figure 5.2-1. Selon la norme du Conseil du Trésor NCTTI 6.9, c'est l'infrastructure qui doit être mise en œuvre dans tout immeuble nouveau ou rénové.

D'après ces normes, chaque étage contient au moins un local de télécommunications, anciennement appelé « armoire », dont les dimensions vont de 70 à 110 pieds carrés, selon la surface de plancher desservie. Chaque LT dessert jusqu'à 10 000 pieds carrés de surface de plancher et chacun d'eux est réservé aux fonctions de télécommunications — il n'y a pas de matériel de distribution électrique dans le LT.

Deux câbles ou plus (un pour la voix et au moins un pour les données) vont à chaque aire de travail à partir d'un LT situé sur le même étage que l'aire de travail. Chaque câble se termine à une prise dans l'aire de travail et à une zone d'interconnexion dans le LT. C'est ce qu'on appelle le « câblage horizontal ». À noter qu'on utilise une seule ligne pour représenter tous les câbles allant à une aire de travail (soit au moins deux câbles à 4 paires) et qu'on utilise une seule boîte pour représenter toutes les prises (au moins 2) installées dans l'aire de travail. Cette topologie s'appelle le « réseau en étoile ». Le LT représente le centre de l'étoile, et chaque aire de travail représente les points de l'étoile. Ordinairement, on installe un grand nombre de câbles de rechange afin de faciliter les changements.

Les câbles de base raccordent chaque LT à l'interconnexion principale située dans le terminal principal / local de matériel (TP/LM). C'est ainsi qu'on utilise également la topologie en « étoile » pour le câblage de base. En outre, le TP/LM est réservé aux fonctions de télécommunications — on n'y trouve aucun autre matériel de distribution électrique que le matériel nécessaire aux appareils de télécommunications qui y sont installés. Le TP/LM ne devrait pas être utilisé non plus comme une salle d'ordinateur. Il est préférable que les LT soient empilés de façon verticale afin de faciliter la pose des câbles de base qui passent à travers. En général, le TP/LM est situé au sous-sol, mais ce n'est pas nécessaire. Il peut également faire fonction de LT pour desservir les aires de travail situées sur l'étage.

Les transporteurs de télécommunications (compagnies de téléphone, de câblodistribution, etc.) devraient terminer leurs services dans un local d'entrée. Par conséquent, le local d'entrée abritera en principe les terminaisons des câbles en cuivre et en fibre optique (venant de l'extérieur de l'immeuble) en même temps que le matériel électronique appartenant aux transporteurs. Ce local d'entrée peut faire partie du TP/LM, mais si tel est cas, le local partagé doit comprendre une barrière physique, telle qu'une enceinte avec treillis métallique, de sorte que le matériel associé au TP/LM soit séparé du local d'entrée. Le but est de faire en sorte que le matériel appartenant à ce transporteur (qui se trouve dans le local d'entrée) soit accessible tant aux locataires qu'aux transporteurs, mais que seuls les locataires aient accès aux installations associées au TP/LM. Tout cela est logique et l'approche est semblable à celle suivie par d'autres compagnies qui fournissent des services publics l'immeuble – eau, électricité, gaz, etc.

Malheureusement, dans un immeuble qui abrite plusieurs ministères gouvernementaux, chaque ministère a tendance à concevoir l'infrastructure de télécommunications dans l'espace qu'il occupe comme s'il était dans un immeuble autonome. C'est ainsi que, dans un immeuble typique abritant plusieurs ministères, l'infrastructure de télécommunications est conçue selon le point de vue chaque ministère plutôt que dans l'optique d'un service de l'immeuble. Dans ces cas, l'infrastructure installée ressemble au tableau ci-dessous, « Immeuble à plusieurs locataires : Approche traditionnelle ».

Immeuble à plusieurs locataires : Approche traditionnelle

Cette image décrit l'infrastructure servant aux télecommunications dans un immeuble type abritant plusieurs ministères, et celle-ci est conçue en fonction des besoins de chaque ministère. Voir lien ci-bas pour la longue description.

Longue description de l'approche traditionnelle est disponible sur une page séparée.

Dans ce scénario, chaque ministère crée sa propre interconnexion principale sur l'un des étages qu'il occupe. Chaque ministère installe des voies d'accès (conduits, chemins de câbles) et un réseau de base pour relier chacun des locaux de télécommunications de l'étage à l'interconnexion principale du ministère. Et chaque ministère établit un point de démarcation avec les installations des transporteurs de télécommunications à un endroit sur l'étage qu'il occupe – habituellement un endroit adjacent à l'interconnexion principale du ministère.

Tout va très bien jusqu'à ce qu'il se produise un changement. Si un ministère a besoin des services d'un nouveau transporteur de télécommunications, celui-ci doit généralement poser ses câbles à partir du sous-sol jusqu'au point de démarcation du ministère sur l'étage. Cette méthode est coûteuse et inefficace. En outre, chaque fois qu'on installe un nouveau câblage vertical, on doit démonter et remplacer les dispositifs coupe-feu. Souvent, ces dispositifs coupe-feu ne sont pas remplacés, ce qui crée un risque d'incendie.

D'important réaménagements s'imposent lorsque les besoins de locaux d'un ministère viennent à changer. Prenons par exemple le tableau intitulé « Immeuble à plusieurs locataires : Approche traditionnelle ». Si le « locataire B » agrandit son espace d'un étage en prenant un étage auparavant occupé par le « locataire A », le « locataire B » sera incapable d'utiliser le câblage de base installé parce que celui-ci est relié à l'interconnexion principale du « locataire A » sur l'étage supérieur. Le « locataire B » devra donc installer un nouveau câblage de base qui sera relié à sa propre interconnexion principale.

Par contre, si un nouveau « locataire C » occupe cet étage, il ne pourra utiliser aucun des câblages de base. Le « locataire C » devra créer sa propre interconnexion principale sur son étage et établir en même temps son propre point de démarcation avec les transporteurs de télécommunications qui le desservent. À présent, ces transporteurs doivent donc poser leurs câbles à partir du sous-sol jusqu'au point de démarcation du « locataire C ».

La situation est encore pire lorsqu'un étage en particulier est occupé par plus d'un ministère. Dans ce cas, chaque ministère construit habituellement son propre local de télécommunications sur cet étage. Comme le câblage horizontal est en général distribué dans les aires de travail au moyen des voies d'accès, un système de chemins de câbles ou de conduits rayonne à partir du local de télécommunications de chaque étage vers les aires de travail desservies. Si l'on change la répartition des locaux sur cet étage, le câblage horizontal et les voies d'accès connexes (conduits, chemins de cables) devront être réorganisés. Il se peut qu'un ministère doive construire un nouveau local de télécommunications sur son étage si l'espace occupé par son local de télécommunications est absorbé dans l'espace alloué à l'autre ministère.

Les facteurs que l'on retrouve habituellement à l'origine de cette approche sont la tradition, les questions de sécurité (concernant le partage des locaux avec un autre ministère) et le simple fait pour un ministère de défendre sa « sphère d'influence ».

Immeuble à plusieurs locataires : Approche holistique

Cette image décrit une infrastructure globale type servant aux télécommunications dans un immeuble abritant plusieurs ministère. Voir lien ci-bas pour la longue description.

Longue description de l'approche holistique est disponible sur une page séparée.

La solution à ce problème est de concevoir un système de télécommunications unique pour l'immeuble, tout comme s'il s'agissait de n'importe quel autre service d'utilité public. Cette solution est illustrée dans le tableau ci-dessus : « Immeuble à plusieurs locataires : Approche holistique ».

Cette approche holistique permet de s'adapter facilement aux changements dans la répartition des locaux entre les locataires ou l'aménagement de nouveaux locataires. Elle permet de gérer les variations entre l'occupation simple et l'occupation multiple de l'immeuble. Elle permet aisément aux locataires de choisir leurs transporteurs de télécommunications et de les changer au besoin. Elle offre un système de locaux de télécommunications et de voies d'accès qui durera jusqu'à ce que l'immeuble ait besoin de rénovations importantes – à condition, bien sûr, que les locaux de télécommunications et les voies d'accès soient convenablement conçus pour répondre aux exigences des normes de télécommunications CSA et TIA/EIA.