Une découverte intéressante sur la Colline du Parlement

Abishnabemo

Une personne qui porte un casque de sécurité fouille un échantillon de sol devant l'édifice du Centre.
Un archéologue au travail sur le côté est de l'édifice du Centre, en 2019.

Avant même que ne commence le projet de l'édifice du Centre, d'importantes fouilles archéologiques ont été entreprises sur le site appelé à l'origine « Barrack Hill ». Ce site, situé à l'est de l'édifice sur la Colline du Parlement, était utilisé comme avant-poste militaire par le lieutenant-colonel John By, au début du 19e siècle. Ces fouilles devaient être réalisées pour faire en sorte que des ruines ou des objets non découverts ne soient pas endommagés durant les travaux de construction. La zone autour de l'édifice du Centre a une importance historique tout aussi grande que l'intérieur de l'édifice.

Les archéologues ont découvert des centaines de milliers d'objets, comme des boutons, des os d'animaux, des fragments de vaisselle en céramique et des morceaux d'objets militaires probablement portés sur des vêtements. Parmi les objets qui se sont démarqués figure une pointe de projectile, en forme de flèche, sculptée dans la pierre. Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), en partenariat avec des membres des Premières Nations des Anishinabeg de Kitigan Zibi et des Algonquins de Pikwakanagan, a invité des spécialistes en archéologie de l'Université de Montréal à examiner cet objet et à en donner une analyse plus approfondie.

Une pièce de monnaie à côté d'une pointe de lance en pierre
Photographie du mòkomàn, à côté duquel une pièce de monnaie a été placée pour indiquer sa taille.

Ces spécialistes possèdent une expertise des matériaux et des outils en pierre datant d'avant l'arrivée des colons européens. Un étudiant diplômé et un archéologue possédant déjà une bonne expérience des fouilles dans la région de l'Outaouais ont également participé au projet. Chaque membre du groupe a mené sa propre évaluation. Les membres se sont ensuite réunis pour discuter de cette découverte. Ils en sont venus à la conclusion que la pointe en pierre est en fait un « mòkomàn ». Un mòkomàn est un couteau communément appelé un « biface » en raison de ses deux faces qui ont été travaillées.

À l'origine, la lame, de la taille d'une main, était probablement fixée à un manche et a été réaffûtée jusqu'à ce qu'elle soit usée. On pense que le mòkomàn a été fabriqué entre la fin de la période archaïque et le début du Sylvicole, ce qui lui donne un âge approximatif de 2 500 à 4 000 ans. Comme d'autres objets similaires, il aurait parcouru de longues distances jusqu'à cette zone, qui se trouvait au cœur d'un vaste réseau de traite, des milliers d'années avant l'arrivée des Européens.

Un dessin conceptuel du manche et de la lame d'un ancien couteau.
Dessin montrant la façon dont le mòkomàn a pu être utilisé.

Collaborer avec les communautés algonquines

Deux communautés algonquines, soit les Anishinabeg de Kitigan Zibi et les Algonquins de Pikwakanagan, ont collaboré étroitement avec SPAC afin de Services publics et Approvisionnement Canadadéterminer la façon de préserver, d'interpréter et d'exposer cet objet important. Ainsi, il reviendra à la Nation algonquine de déterminer la bonne interprétation du mòkomàn, car cet objet appartient à son histoire et à sa culture. Ces deux communautés ont par ailleurs collaboré à la mise sur pied d'une école de terrain en archéologie autochtone, en partenariat avec le Collège algonquin, afin de soutenir les peuples autochtones dans la réalisation de travaux archéologiques.

Une personne passe au crible des échantillons de sol dans un boisé.
Une membre de l'école de terrain en archéologie autochtone inspecte des échantillons de sol.
Une personne plus âgée montre un petit échantillon de pierre à une jeune personne.
Un aîné et un étudiant discutent d'un des échantillons découverts.
Une personne masquée qui est assise à une table examine des petits échantillons de pierres.
Une étudiante examine des échantillons provenant d'un site archéologique et prend des notes.

L'école, menée et dirigée par la communauté, participera à l'orientation des travaux qui seront menés dans le futur dans la région de la capitale nationale. En développant leurs capacités en archéologie et dans les domaines connexes, l'école et ses élèves seront en mesure de participer activement et directement à la protection et à la préservation des ressources archéologiques autochtones. Ces ressources comprennent des objets, des caractéristiques et des emplacements de sites, ainsi que les connaissances ancestrales. Pour en savoir plus, regardez cette vidéo sur l'école de terrain en archéologie autochtone.

Pour en savoir plus, visitez le projet de l'édifice du Centre.

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