L’histoire de 3 ministères et d’oiseaux très heureux

La protection des habitats fauniques exige créativité et engagement.

Photo aérienne d'une île entourée d'eau dans l'archipel des Îles-de-la-Paix.

En tant qu’expert immobilier du gouvernement, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) est souvent appelé à soutenir les ministères fédéraux dans la conservation des habitats qui permettent aux espèces végétales et animales de prospérer.

En 2020, lorsqu’Environnement et Changement climatique Canada et Infrastructure Canada ont demandé le soutien de SPAC pour relever des défis distincts en matière de protection de l’environnement, SPAC a proposé une solution innovatrice pour répondre à toutes les exigences dans le cadre d'un seul projet.

Les oiseaux bénéficient d’un projet de rénovation domiciliaire

Plusieurs îles de l’archipel des Îles-de-la-Paix, à proximité de Montréal, font partie de la réserve nationale de faune (RNF) et du refuge d’oiseaux migrateurs (ROM) gérés par Environnement et Changement climatique Canada. Le ministère souhaitait contrer les effets de l’érosion des rives que subissent ces îles, notamment en raison de la montée régulière des eaux du lac Saint-Louis. Ce phénomène menaçait l’un des derniers marais naturels de ce secteur et, par le fait même, un habitat important pour les espèces fauniques fréquentant ces sites.

Parallèlement, Infrastructure Canada cherchait des sites récepteurs pour compenser la perte de milieux humides et d’habitat des oiseaux migrateurs résultant du projet de corridor du pont Samuel-De Champlain.

SPAC a réuni les 2 ministères pour collaborer à un projet visant à protéger le littoral, ainsi qu’à créer et à améliorer les milieux humides et les habitats d’oiseaux migrateurs dans la RNF et le ROM des Îles-de-la-Paix. Nous avons attribué les contrats et supervisé la réalisation des travaux par des entrepreneurs qualifiés.

Concrètement, le projet comprenait :

  • la mise en place de brise-lames pour limiter l’érosion de la berge par l’effet des vagues
  • la restauration de plus de 700 mètres de rivage au moyen de recharges de plage en cailloux
  • l’établissement de nouveaux habitats d'oiseaux par l’ajout de 5 900 plantes, ainsi que par l’installation de nouveaux nichoirs
  • la création d’herbiers marins calmes pour les poissons, qui a nécessité la plantation sous-marine de plus de 9 000 plantes

Des défis et des aventures

Intervenir sur un site naturel protégé et de surcroît en milieu hydrique comporte son lot de défis, notamment pour les aspects réglementaires. Charlotte Simard, du bureau du Québec de SPAC, fait remarquer que l'équipe de projet a dû « se conformer à diverses lois fédérales et provinciales et obtenir de multiples permis et autorisations. »

Par ailleurs, obtenir les plants d’espèces indigènes pour répondre aux fonctions écologiques souhaitées a nécessité une planification et une expertise importantes, puisque ces végétaux devaient être produits par des fournisseurs spécialisés pour les besoins particuliers de ce projet.

Nouvelles plantes dans une zone de conservation de la nature.

Luce Larivière, également de SPAC, ajoute que c'était alors un défi de réaliser les travaux sur le site. « Les niveaux d’eau étaient souvent très élevés, ce qui complexifiait la réalisation des travaux. » La population active de castors a également donné lieu à des situations intéressantes. « Certains pieds d’arbres étaient si rongés que les arbres menaçaient de tomber sur la tête des travailleurs », explique-t-elle. Par conséquent, des mesures de santé et de sécurité au travail supplémentaires ont été mises en place.

Une plume dans nos casquettes

Grâce à la persévérance de toutes les parties, le projet a été un succès.

« C'est la partie excitante, dit Mme Larivière, de voir les plans élaborés sur papier prendre vie. » Mais, avec la nature, comme le notent mesdames Larivière et Simard, la patience est de mise pour confirmer si les interventions ont permis d’atteindre les objectifs écologiques visés. Il faut du temps pour que l’écosystème renouvelé soit pleinement établi.

Bernache du Canada sur son nid.

Le suivi environnemental a apporté de bonnes nouvelles jusqu'à présent. « Les brise-lames fonctionnent bien pour protéger les nouvelles plages et les herbiers aquatiques établis en rive, et les oiseaux utilisent les habitats recréés et les nichoirs installés », explique Mme Larivière. Bref, les êtres vivants qui peuplent ces îles ont de nouveau accès à une qualité de vie et profitent de cet habitat exceptionnel. Le projet a également contribué à maintenir la biodiversité unique au lac Saint-Louis.

SPAC et ses partenaires fédéraux sont fiers de ce projet, qui répond à la Stratégie pour un gouvernement vert du Canada. Mme Simard est particulièrement satisfaite de la participation dévouée des divers collaborateurs et des objectifs atteints ensemble. « Les innovations ont été bénéfiques afin d’assurer la rentabilité économique et l’amélioration des conditions environnementales, ce qui est en harmonie avec les principes du développement durable. »

Bertrand Comte, le gestionnaire des Affaires environnementales à Infrastructure Canada, renchérit : « Ce projet est le fruit d’une collaboration et d’une consultation exemplaires. Il fait preuve de leadership, de vision et de saine gestion. »

Charles Desrosiers, membre du Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada, ajoute : « L’expertise des partenaires impliqués et leur excellente collaboration » nous a aidés à atteindre les deux objectifs « d’accroître les habitats de la RNF et du ROM et d’en assurer leur protection à long terme ».

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