En direct des urgences et des unités de soins intensifs

Ces articles mettent en vedette des employés de Services publics et Approvisionnement Canada qui ont participé aux premiers efforts d'urgence visant à procurer de l'équipement de protection individuelle aux travailleurs de la santé du Canada, alors que la pandémie de COVID-19 commençait à sévir dans tout le pays au début du mois de mars 2020. Ces récits jettent un regard sur des expériences individuelles différentes, mais ils sont liés par trois thèmes communs : le dévouement, le professionnalisme et la compassion.

Pour d’autres histoires comme celle-ci, lisez les histoires d’Alain Dorion et Amanda Assi.

Jonathan Hamel est spécialiste de l'approvisionnement dans la Région du Québec de Services publics et Approvisionnement Canada depuis six ans. Il s'est joint au Secteur de la réponse à la pandémie au début d'avril 2020. Plus que quiconque au sein de son équipe, Jonathan a compris rapidement la gravité de la situation des travailleurs de la santé de première ligne.

La conjointe de Jonathan Hamel, Geneviève, qui est urgentologue dans un hôpital de Granby (Québec), voyait la situation s'aggraver de jour en jour au fur et à mesure que les cas de COVID-19 augmentaient et que les réserves d'équipement de protection individuelle (EPI) de l'hôpital s'épuisaient rapidement.

Jonathan obtenait des comptes rendus en temps réel de sa conjointe sur la situation vécue sur le terrain. Et comme si les comptes rendus n’étaient pas assez, il a vu aussi sa conjointe faire ses propres démarches d'approvisionnement.

Elle a fait appel à ses propres amis et connaissances pour obtenir des masques, des lunettes de protection, des gants médicaux et les autres pièces d'équipement dont son hôpital avait besoin.

« C'est la situation à laquelle j’assistais chez moi », affirme Jonathan. « Comme je possède une bonne expérience de l'approvisionnement et la capacité de m'adapter rapidement, j'estimais que je devais contribuer à l'effort de lutte contre la pandémie au pays. J’y tenais d’autant plus en raison du travail de ma conjointe. »

Un homme est sur une chaise devant une table, sur laquelle il y a un ordinateur ouvert. Une femme est debout à l'arrière-plan.

Jonathan Hamel et sa conjointe Geneviève Baril : obtenir de l’équipement de protection individuelle deux fois plutôt qu’une.

Durant les premières semaines de l'épidémie de COVID-19, Jonathan achetait de l'EPI pour le Canada depuis sa table de cuisine, alors que sa conjointe s'efforçait désespérément de faire de même pour ses collègues à une échelle beaucoup plus réduite. « Des gens venaient à la maison pour nous donner des écrans faciaux et des masques faits maison qu'ils conservaient à leur lieu de travail », évoque Jonathan.

Un « gros bateau » dont il fallait changer le cap

En temps normal, Jonathan est chargé de soutenir Recherche et développement pour la défense Canada à Valcartier (Québec) dans la réalisation de ses achats. Cette expérience professionnelle lui a été d'une valeur inestimable, dit-il, durant les premiers jours souvent incertains des démarches d'achat d'EPI lorsqu’il a dû examiner les offres soumises par les fournisseurs dans la boîte de réception de l'équipe du Secteur de la réponse à la pandémie.

« Nous devions évaluer chaque proposition », explique-t-il. « Était-ce faisable? L'entreprise serait-elle capable de s'acquitter du travail? Nous devions aussi déterminer si le produit était conforme aux normes et aux règlements canadiens. Le produit allait-il être disponible au moment indiqué? »

Il ajoute : « En avril, deux millions d'unités pouvaient être disponibles un lundi matin et être toutes vendues à un autre pays à l'heure du dîner. C'était donc une course contre la montre. Nous devions beaucoup nous adapter et négocier pour obtenir ce dont nous avions besoin. »

C'est l'agilité avec laquelle les démarches d'approvisionnement ont été menées qui, selon Jonathan, a été la plus impressionnante.

« Avec le recul, la vitesse et l'efficacité dont l'équipe a fait preuve étaient plutôt remarquables », affirme-t-il. « Nous avons un gros bateau qui est difficile à manœuvrer. Nous n'étions pas habitués à changer de cap aussi souvent et aussi rapidement. Or, tous ont démontré que lorsqu'il y a urgence, ils sont capables de le faire. »

Jonathan a depuis repris son travail habituel. Cependant, il se dit prêt à retourner immédiatement au sein de l'équipe si la situation l'exige.

« Même si les derniers mois ont été particulièrement difficiles, de très bonnes choses se sont aussi produites », affirme-t-il. « Il est dans la nature humaine de se souvenir du négatif plutôt que du positif. Or, tous les bons coups qui en ont résulté, toutes les situations que l'équipe a su bien gérer, je suis heureux qu'on puisse les raconter et les faire connaître. »

Même si l'année a été difficile, elle s'est conclue dans la joie pour Geneviève et Jonathan, qui ont accueilli leur premier enfant, Théodore, le 20 décembre dernier.

Date de modification :