Approche holistique de l'infrastructure de télécommunications

Une approche globale pour la conception de l'infrastructure des télécommunications est possible si l'on considère l'immeuble comme une seule entité (qu'il soit ou non occupé par un ou plusieurs organismes fédéraux), comme on le fait pour la distribution des autres services publics. Cette approche globale facilite les modifications dans l'espace de l'immeuble occupé par les organismes fédéraux. Dans les immeubles où se trouvent plus d'un organisme fédéral (immeubles abritant plusieurs ministères), l'infrastructure des télécommunications sera partagée entre ces organismes.

Les versions actuelles et antérieures de la norme du Conseil du Trésor (CT) NCTTI 6.9, intitulée « Profil du Réseau de câblage de télécommunications des immeubles dont le gouvernement est propriétaire ou locataire » exigent que l'infrastructure des télécommunications soit partagée entre les organismes fédéraux qui occupent l'immeuble.

Approche fondée sur les systèmes en place pour un immeuble logeant plusieurs ministères

Malheureusement, cette pratique globale est rarement suivie en pratique. Dans un immeuble abritant plusieurs ministères, chaque ministère tend à concevoir l'infrastructure de télécommunications de l'espace qu'il occupe comme s'il s'agissait d'un immeuble distinct. Par conséquent, l'infrastructure des télécommunications d'un immeuble typique abritant plusieurs ministères est alors envisagée dans la perspective d'un ministère particulier et non comme un service destiné à tout l'immeuble. Dans ce cas, l'infrastructure du réseau de base ressemble à celle de l'illustration ci-dessous, « Approche fondée sur les systèmes en place pour un immeuble abritant plusieurs ministères ». Sur cette illustration, un « X » représente un répartiteur.

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Description l'image

Ce schéma illustre l'infrastructure de télécommunications d'un immeuble abritant plusieurs ministères. Chaque ministère crée son propre répartiteur principal (RP) dans une salle de télécommunications à l'un des étages qu'il occupe et utilise cette salle à ses propres fins comme salle d'équipement (SE). La salle des télécommunications illustrée peut être agrandie pour loger davantage d'équipement. Chaque ministère installe les canalisations de son réseau de base et les câbles du réseau de base reliant chaque salle des télécommunications de chaque étage qu'il occupe à son propre répartiteur principal. Chaque ministère établit aussi un point de démarcation par rapport aux installations des entreprises de télécommunication à un étage qu'il occupe, habituellement près de son répartiteur principal. Sur cette illustration, un « X » représente un répartiteur.

Selon ce scénario, chaque ministère crée son propre répartiteur principal (RP) dans une salle ds télécommunications à l'un des étages qu'il occupe et utilise cette salle à ses propres fins comme salle d'équipement (SE). La salle des télécommunications illustrée peut être agrandie pour loger davantage d'équipement. Chaque ministère installe les canalisations de son réseau de base (conduits, chemins de câbles, etc.) et les câbles du réseau de base reliant chaque salle des télécommunications de chaque étage qu'il occupe à son propre répartiteur principal. Chaque ministère établit aussi un point de démarcation par rapport aux installations des entreprises de télécommunication à un étage qu'il occupe, habituellement près de son répartiteur principal. La salle d'équipement reste très souvent vide et est seulement utilisée pour faire passer les câbles.

Cette configuration fonctionne bien jusqu'à ce que des modifications s'imposent. Lorsqu'un ministère veut recourir aux services d'une nouvelle entreprise de télécommunication, celle-ci doit ordinairement installer ses câbles du sous-sol au point de démarcation du ministère, à l'étage qu'il occupe. Outre le coût et le peu d'efficacité de cette solution, il faut habituellement enlever, puis remettre en place, les coupe-feu chaque fois que de nouveaux câbles verticaux sont installés. Il arrive aussi fréquemment que les coupe-feu ne soient pas remis en place, ce qui crée des risques d'incendie.

D'importants réaménagements s'imposent lorsque les besoins d'espace du ministère changent. Par exemple, l'illustration « Approche fondée sur les systèmes en place pour un immeuble abritant plusieurs ministères » (ci-dessus) montre bien que, si le ministère B connaissait une expansion à l'étage immédiatement au-dessus, occupé antérieurement par le ministère A, le ministère B ne pourrait pas utiliser le câblage du réseau de base déjà en place car il est raccordé au répartiteur principal du ministère A à l'étage supérieur. Le ministère B aurait donc à installer du nouveau câblage de réseau de base et le raccorder à son propre répartiteur principal.

Si un nouveau ministère (le ministère C) venait plutôt occuper cet étage, le ministère C se trouverait dans l'incapacité d'utiliser une partie quelconque du câblage du réseau de base. Le ministère C installerait son propre répartiteur principal à son étage et établirait son propre point de démarcation avec les entreprises de télécommunications auxquelles il a recours. Ces entreprises devraient donc installer des câbles entre le sous-sol et le point de démarcation du ministère C.

Comme les câbles horizontaux passent habituellement par des canalisations pour atteindre les différentes zones d'un immeuble, un réseau de chemins de câbles ou de conduits relie d'ordinaire la salle de télécommunications aux aires de travail desservies, comme l'illustre la figure ci-dessous « Canalisations horizontales typiques à conduits de zone ». Toutefois, si un étage occupé par un seul ministère devenait partagé par deux ministères, chaque ministère construirait typiquement sa propre salle des télécommunications dans l'espace qu'il occupe à cet étage et un nouveau réseau de canalisations horizontales devrait être mis en place.

Canalisations horizontales typiques à conduits de zone

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Ce schéma illustre un réseau de chemins de câbles ou de conduits reliés à la salle de télécommunications aux aires de travail desservies. Les facteurs typiques associés à cette approche sont la tradition, les problèmes de sécurité associés au partage de l'espace avec un autre ministère et l'exercice de sa « sphère d'influence » par un ministère.

Si les affectations d'espace à cet étage subissaient des modifications, le câblage horizontal et les canalisations connexes (conduits et chemins de câbles) devraient être réaménagés. Un ministère pourrait se voir forcé de construire une nouvelle salle des télécommunications à l'étage si l'espace occupé par sa salle des télécommunications était absorbé dans l'espace affecté à l'autre ministère.

Les facteurs typiques associés à cette approche sont la tradition, les problèmes de sécurité associés au partage de l'espace avec un autre ministère et l'exercice de sa « sphère d'influence » par un ministère.

Approche globale pour un immeuble logeant plusieurs ministères

La conception d'un système de télécommunications unique desservant tout l'immeuble, comme pour tout autre service public, constituerait une solution à ce problème. C'est ce que démontre l'illustration ci-dessous, « Approche globale pour un immeuble logeant plusieurs ministères ».

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Ce schéma illustre un système de télécommunications unique desservant tout l'immeuble, pour un immeuble logeant plusieurs ministères. Tous les points de démarcation se trouvent dans la salle d'entrée (CER). Un répartiteur principal (RP) unique est installé dans la salle d'équipement. Tous les câbles du réseau de base sont installés entre le répartiteur principal et les répartiteurs situés dans une salle des télécommunications (ou plusieurs salles), à chaque étage.

Selon cette approche, tous les points de démarcation se trouvent dans la salle d'entrée (CER). Un répartiteur principal (RP) unique est installé dans la salle d'équipement. Tous les câbles du réseau de base sont installés entre le répartiteur principal et les répartiteurs situés dans une salle des télécommunications (ou plusieurs salles), à chaque étage. Une simple modification de la répartition permettra à un ministère de recourir à une autre entreprise de télécommunication. Il suffira aussi de retoucher légèrement à la répartition pour s'adapter à de nouvelles affectations d'espace aux ministères A et B ou pour permettre à un nouveau ministère (le ministère C) d'occuper un espace qui était affecté auparavant au ministère A ou B.

Ce système global s'adapte facilement aux modifications de l'espace affecté à des ministères ou à l'addition de nouveaux ministères. Il facilite grandement la prestation de services partagés. Il offre un ensemble de salles des télécommunications et de canalisations qui devrait durer jusqu'à ce que l'immeuble nécessite des rénovations majeures à condition, bien sûr, que les salles des télécommunications et les canalisations satisfassent aux exigences des normes de télécommunication de la TIA/EIA. Lorsqu'elle est à la taille prévue par les normes, la salle d'équipement sera très grande et devrait offrir suffisamment d'espace pour loger tous les serveurs des organismes fédéraux occupant l'immeuble, évitant ainsi d'avoir à construire une salle des serveurs séparée pour chaque organisme fédéral.

Le Guide de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) G1-031 « Protection physique des serveurs informatiques » favorise l'approche globale partagée décrite ci-dessus et permet explicitement que les salles qui abritent les serveurs contiennent des renseignements sensibles (protégés ou classifiés) qui sont partagées par différents organismes fédéraux.

Guide de la sécurité matérielle Publication de l'organisme-conseil

Nota

À noter que ce Guide ne porte que sur les protections physiques. Les protections de la TI (comme les mots de passe ou les chiffrements) peuvent remplacer ou améliorer ces protections physiques.

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