La Compagnie Stevens aide le gouvernement du Canada dans la lutte contre la COVID-19

Lorsque la Compagnie Stevens a été fondée à Londres (Angleterre) en 1830, les interventions chirurgicales étaient encore pratiquées sans anesthésie. Les chirurgiens, qui ignoraient alors l'existence des germes, s'habillaient en vêtements de ville.

Deux hommes sont dans un entrepôt et entre eux se trouvent une pile de boîtes en carton brun. Ils portent un masque et des gants bleus et ont le pouce levé en l’air.

Les employés des entrepôts de Stevens font de longues heures de travail.

Le fondateur de cette vénérable entreprise, James Stevens, qui était fabricant d'instruments chirurgicaux, a produit bon nombre des instruments qui étaient utilisés par les chirurgiens de l’époque, et qui ont l’air bien primitifs aujourd’hui.

En 1874, le fils de Stevens, Daniel, s'est installé au Canada pour établir une filiale à Toronto. L'entreprise est devenue entièrement canadienne en 1920.

De nombreuses générations de Stevens se sont depuis succédé. Aujourd’hui, l’entreprise de distribution de matériel médical met à profit sa vaste expérience et son réseau international de fournisseurs pour jouer un rôle clé dans la lutte contre la COVID-19 au Canada.

Fortes de ses six centres de distribution d’un bout à l’autre du pays, Stevens exécute actuellement des contrats du gouvernement fédéral pour la fourniture de produits nettoyants de surfaces dures, de couvre-chaussures et d’autres articles liés à COVID-19, y compris les sacs spéciaux destinés à l'élimination sûre des matières biodangereuses.

Stevens ne vend qu'à des clients canadiens : des gouvernements, des hôpitaux, des médecins, des établissements de soins et même des vétérinaires.

Comme elle entretient des relations de confiance en Chine, en Inde, en Australie, aux États-Unis et au Canada depuis longtemps, l'entreprise avait une longueur d'avance lorsque la demande d'équipement a commencé à s'intensifier.

Malgré sa grande expérience dans le domaine de la distribution de matériel médical, l'ampleur de la pandémie de COVID-19 a posé des défis de taille à Stevens.

Le directeur du marketing, Robert Marshall, appelle ces relations avec les fabricants des « partenariats éthiques », dans un monde où des partenaires potentiels peuvent parfois manquer d’éthique quant à la qualité de leurs produits ou aux prix auxquels ils les vendent.

Des personnes travaillent dans un entrepôt où il y a de nombreuses étagères remplies de boîtes.

La gamme de produits Stevens dépend de la capacité de l’entreprise à trouver des partenaires fiables.

« C'est mon travail de donner suite à tout », affirme M. Marshall. « Si une personne m'envoie un courriel m’indiquant qu'elle a un produit, je suis tenu d’en faire le suivi, sachant bien que 95 % des personnes qui m’approchent ne seraient pas de bons partenaires. Malgré cela, on espère trouver le bon partenaire qu’on peut ajouter sans crainte à la gamme de produits. »

« Il n’est pas réaliste de croire que le dernier arrivé dans l’industrie va offrir quelque chose de substantiel », ajoute-t-il. « Et même si nous sommes en pleine pandémie, nous avons des responsabilités réglementaires à respecter. Nous ne pouvons pas mettre sur le marché des produits qui feront plus de mal que de bien. »

Grâce à l'offre à commandes qu’il a passée avec Stevens, le gouvernement fédéral a pu répondre rapidement au besoin soudain en équipement de protection.

« Nous avions littéralement des milliers de produits testés dans tout le pays que nous pouvions offrir au gouvernement fédéral », explique M. Marshall. « Alors, lorsque nous avons été approchés, nous avons pu proposer différentes options et suggérer ce qui pourrait le mieux convenir. Ça a bien fonctionné. »

Deux des plus gros contrats fédéraux détenus par Stevens portent sur des couvre-chaussures et des lingettes pour le nettoyage des surfaces.

« Ce qu’il y a de bien avec ces deux contrats (fédéraux), c'est que les deux entreprises avec lesquelles nous traitons sont canadiennes : les lingettes sont fabriquées à Oakville, et les couvre-chaussures à Montréal », ajoute M. Marshall.

Les deux entreprises ont accepté de faire des investissements importants dans leur équipement pour répondre à la demande.

« C'est un risque énorme pour elles », indique M. Marshall. « Auraient-elles pris ce risque pour un contrat unique du gouvernement? Probablement pas. Elles l’ont fait parce qu’il s’agissait d’un partenaire de confiance avec qui elles entretenaient une bonne relation à long terme ».

M. Marshall admet que quelques-uns des fournisseurs habituels de l'entreprise se sont avérés « difficiles ». En revanche, deux fournisseurs auxquels l'entreprise n'avait jamais eu recours auparavant (dont le fournisseur de couvre-chaussures de Montréal) ont su répondre admirablement à ses demandes.

« Nous avons entamé les choses avec prudence, mais le fournisseur a fait tout ce qu'il avait promis de faire, dans les délais voulus et à des prix raisonnables », explique M. Marshall. « Quand tout cela sera terminé, nous comptons faire beaucoup plus affaire avec lui ».

Les entrepôts de Stevens sont demeurés ouverts plus longtemps pendant la pandémie pour traiter l’afflux de commandes de gants, de masques, de blouses, d'alcool et de désinfectants.

« Beaucoup de nos employés travaillent 16 heures par jour jusqu'aux petites heures du matin », indique M. Marshall. « C'est une charge de travail énorme, et nous sommes très fiers d'eux. »

Enseignements tirés

Nous avons tous appris quelque chose durant la pandémie. M. Marshall estime que, lorsque la menace sera passée, il sera opportun de revoir toute la stratégie d'approvisionnement en matériel médical du Canada.

« Comme nous sommes une entreprise canadienne qui ne distribue ses produits qu'au Canada, nous aimons bien promouvoir les entreprises canadiennes », dit-il. « Or, le système écarte de nombreux fabricants canadiens, parce que la passation des contrats se fait surtout en fonction du prix et que les fabricants canadiens ne peuvent tout simplement pas être compétitifs à cet égard. »

« Je ne sais pas combien de fois j'ai pu répéter ces dernières semaines : "D'accord, vous offrez le prix le plus bas, mais vous n’avez pas le produit. En quoi ça vous avance?". Il s'agit ici de constituer une chaîne d'approvisionnement fiable. Certes, les produits peuvent coûter plus cher, mais nous ne serions pas aux prises avec les tracas que nous vivons présentement. »

« Cela dit, dans les circonstances actuelles, tout le monde, à commencer par le gouvernement, fait un travail "admirable" dans la gestion de la crise », conclut-il.

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