Items généraux : Comité permanent des langues officielles – 16 février 2021

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Mot d’ouverture

Introduction

Merci, Monsieur le Président. Je vous remercie de votre invitation.

Je suis accompagné de :

Je me réjouis de pouvoir vous parler aujourd'hui de ce que mon ministère fait pour protéger la santé et la sécurité de nos interprètes pendant la pandémie de COVID-19.

Le Bureau de la traduction (BT), qui fait partie de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), aide le gouvernement à servir la population et à communiquer avec elle en lui offrant des services linguistiques, comme des services de traduction et d’interprétation dans les deux langues officielles ainsi que les langues autochtones et étrangères. En plus des langues parlées, il offre aussi un service d'interprétation en langues des signes.

Le travail exceptionnel de nos interprètes est essentiel au bon déroulement des réunions comme celle-ci.

Les interprètes travaillent surtout en coulisses. Ils permettent aux parlementaires et à la population de suivre nos délibérations dans la langue officielle de son choix. Leur travail s’est avéré particulièrement important ces derniers mois.

Au nom de tous les parlementaires et de la population canadienne, je tiens à remercier nos interprètes et à dire que nous allons continuer de travailler ensemble pour nous assurer que ceux-ci sont bien soutenus.

À l’automne 2017, le BT a créé le Comité consultatif sur l’interprétation des conférences, ainsi qu’un groupe de travail spécial sur l’approvisionnement qui représente le milieu des interprètes pigistes, et ensemble, nous avons tenté de proposer un nouveau mécanisme de passation de marchés.

Bon nombre des 6 principes directeurs alors convenus entre la Direction générale des approvisionnements de SPAC, le Bureau de la traduction et le milieu des interprètes continuent de nous guider aujourd'hui.

Premièrement, nous avons convenu que, premièrement, nous devions assurer la conformité avec la politique sur les marchés du gouvernement fédéral en maximisant la flexibilité et l’agilité de manière à pouvoir répondre aux besoins particuliers du milieu des interprètes.

Deuxièmement, nous devions miser sur la qualité des services offerts aux clients.

Troisièmement, nous devions stimuler la vitalité économique du milieu canadien de l’interprétation.

Quatrièmement, nous devions définir ensemble l’outil d’acquisition le plus pertinent, le plus durable et le plus efficace pour tous.

Cinquièmement, nous devions réduire le fardeau administratif que représente la nouvelle solution, à la fois pour le milieu des interprètes et le BT.

Enfin, nous devions reconnaître les pratiques liées à la profession d’interprète de conférence.

Monsieur le Président, en ce qui touche la réunion d’aujourd’hui, je veux que ce comité sache que le gouvernement prend des mesures importantes pour s'assurer que nos interprètes bénéficient du soutien dont ils ont besoin pour faire leur travail en toute sécurité. Leur santé et leur bien-être demeurent la priorité absolue.

La mise en place des meilleures conditions possibles pour le service d'interprétation permet non seulement de respecter les droits linguistiques de tous les Canadiens et Canadiennes, mais aussi de protéger en tout temps les professionnels dévoués qui assurent ce service.

Le Bureau de la traduction à l'ère du virtuel

Monsieur le Président, le BT travaille en étroite collaboration avec la Chambre des communes, le Sénat, les ministères et les organismes fédéraux ainsi que ses autres partenaires pour assurer l'interprétation des travaux du Parlement et du gouvernement, y compris les séances virtuelles.

Je tiens à préciser que le BT n'est pas responsable des aspects techniques de la prestation du service d'interprétation, comme la fourniture de l'équipement nécessaire. Cette responsabilité incombe à nos clients, y compris l'Administration de la Chambre des communes, avec qui le BT collabore étroitement pour s'assurer que les interprètes ont tout le nécessaire pour fournir un service de qualité.

Même en temps normal, l'interprétation est une tâche exigeante et complexe. Nous savons qu'elle requiert des conditions techniques très précises pour être exécutée en toute sécurité, particulièrement en ce qui concerne la qualité sonore.

La pandémie nous a obligés à trouver des moyens différents pour nous rencontrer et travailler ensemble. Aujourd'hui plus que jamais, il est particulièrement important de respecter les consignes de sécurité publique. Nous avons de plus en plus recours aux réunions virtuelles, et nous continuons de nous adapter aux nouveaux défis qu'elles posent.

La santé et la sécurité constituent une priorité de notre gouvernement, et nous mettons tout en œuvre pour assurer la protection de tous nos interprètes, qu’ils soient employés ou pigistes.

Prendre des mesures pour protéger les interprètes

Monsieur le Président, les interprètes ont pour consigne d'interrompre le service à tout moment si le son pose un risque à leur sécurité.

Depuis que les séances virtuelles du Parlement sont devenues la norme, le gouvernement a renforcé les mesures en place pour protéger les interprètes affectés aux réunions comprenant des participants éloignés.

Bon nombre de ces mesures découlent des recommandations faites au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre.

Par exemple, le Parlement fournit des casques d'écoute munis d'un microphone aux députés et aux sénateurs, ainsi qu'aux témoins qui comparaissent devant les comités parlementaires. Ces casques permettent d'améliorer la qualité du son et de réduire les incidents de santé et de sécurité.

D’autres exemples consistent les interprètes bénéficient en permanence du soutien d’un technicien, et des tests de son sont effectués avant les réunions.

De plus, le BT a réduit la durée des affectations des interprètes aux séances virtuelles, et ce, sans réduire leur rémunération.

Le BT a également demandé aux participants de fournir à l'avance aux interprètes une copie écrite de leur déclaration, dans la mesure du possible, ainsi que de comparaître par vidéoconférence pour que les interprètes puissent voir leurs expressions faciales et ajuster leur ton en conséquence.

Trouver des solutions

Monsieur le Président, pour assurer des services d'interprétation de qualité dans des conditions sécuritaires, le BT met de l'avant plusieurs initiatives de recherche qui visent à élaborer des solutions fondées sur des données probantes.

Par exemple, il mène un projet de recherche sur la fatigue et la charge cognitive liées au travail d'interprétation à distance en collaboration avec l'Université de Genève en Suisse.

Le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) a par ailleurs mis à l'essai un nouveau limiteur de son actif. Cet appareil peut protéger les interprètes contre les chocs acoustiques, mesurer les niveaux sonores auxquels ils sont exposés quotidiennement et leur permettre d'éviter des doses quotidiennes excessives.

Le CNRC a également présenté au BT les résultats préliminaires d’une analyse confirmant que les niveaux sonores au Parlement ne dépassent pas ceux prescrits dans la réglementation fédérale sur l'exposition au bruit. Les tests et l’échantillonnage se poursuivent dans un souci d’offrir des conditions de travail plus sécuritaires.

Je tiens aussi à souligner que le Parlement du Canada, sur la recommandation du Bureau de la traduction, a remplacé toutes ses consoles d'interprétation par des modèles équipés de limiteurs de son intégrés qui répondent aux normes internationales.

Enfin, le BT est à élaborer une norme de protection auditive pour les interprètes en collaboration avec des experts en santé et en sécurité de SPAC et des audiologistes externes.

Conclusion

Monsieur le Président, l'arrivée de la pandémie de COVID-19 a changé brusquement la manière dont les services d'interprétation sont fournis.

Bien que nous fussions loin d’être prêts à passer totalement au virtuel, le travail entrepris pour améliorer les conditions des services d'interprétation était déjà bien entamé. Par conséquent, nous avons été en mesure de faire ce virage, et nous nous tenons prêts à nous adapter de façon continue.

Nous savons que l'interprétation à distance présente des risques bien réels. Le gouvernement est déterminé à poursuivre ses efforts pour protéger les interprètes et améliorer leurs conditions de travail au Parlement et ailleurs.

Le gouvernement continuera de trouver et de mettre en place des solutions efficaces, parce que nous nous soucions de nos interprètes, qui travaillent fort pour servir la population canadienne en cette période critique malgré tous les défis auxquels ils sont confrontés. Nous ne les laisserons pas tomber.

Pour conclure, je veux remercier les interprètes présents à cette réunion. Je remercie aussi toutes les personnes qui s'emploient en coulisses à rendre possibles les réunions importantes comme celle-ci, malgré les circonstances difficiles que nous vivons.

Je serai maintenant heureux de répondre à vos questions. Merci.

Analyse des médias

Inquiétudes des interprètes pour leur santé et leur sécurité

En janvier, quelques articles sont parus sur les inquiétudes soulevées par les interprètes qui travaillent aux débats parlementaires. Les articles rapportent sur un ton neutre que des interprètes ont été victimes d'incidents acoustiques. Par exemple, certains ont subi une perte d'ouïe en raison d'un flux constant d'un son de mauvaise qualité et de boucles de rétroaction de forte intensité, tandis que d'autres souffrent d'acouphène, de nausées et de maux de tête, ce qui les oblige à prendre congé pour se rétablir.

Selon la section canadienne de l'Association internationale des interprètes de conférence, un sondage mené récemment a révélé que 70 % de ses membres avaient subi des lésions auditives depuis le début de la pandémie en raison de l'utilisation de plateformes virtuelles comme Zoom.

De plus, l'association affirme que les langues officielles du Canada ne peuvent pas être traduites correctement en raison de problèmes techniques attribuables aux plateformes numériques qui sont utilisées pendant la pandémie. Les journalistes font remarquer que le Bureau de la traduction (BT) a pris des mesures visant à réduire le risque de blessures auditives pour ses interprètes. (Le DroitNote de bas de page 1, Times ColonistNote de bas de page 2, The Hill TimesNote de bas de page 3, Radio-CanadaNote de bas de page 4)

Une étude réalisée l'automne dernier a révélé que le Canada se classait au 13e rang sur 81 pays pour le nombre de chocs acoustiques subis par les interprètes, et que 6 répondants canadiens sur 10 avaient signalé des symptômes caractéristiques du traumatisme. Les interprètes parlementaires ont signalé des blessures plus de 100 fois depuis avril, soit plus du triple du nombre de signalements déposés au cours des 20 mois précédents, selon la section canadienne de l'Association internationale des interprètes de conférence. (CBCNote de bas de page 5, The Hill TimesNote de bas de page 3, La PresseNote de bas de page 6)

Greg Fergus, député de Hull-Aylmer, Parti libéral du Canada

Citation extraite de l’article paru dans le SoleilNote de bas de page 7 :

« Ça devient dur pour les oreilles. Je peux comprendre les interprètes, lorsqu'ils disent que leur réalité est difficile. Les oreilles, c'est leur vie, leur profession »

Marie-France Lalonde, députée d'Ottawa-Orléans, Parti libéral du Canada

Citation extraite de l’article paru dans le SoleilNote de bas de page 7 :

« À quelques reprises, dit la députée Lalonde, il est arrivé que les parlementaires ne puissent pas recevoir la traduction dans la langue de leur choix »

Stéfanie Hamel, porte-parole de Services publics et Approvisionnement Canada

Citation extraite de l’article paru dans The Hill TimesNote de bas de page 3 :

La porte-parole Stéfanie Hamel a indiqué par courriel que SPAC modifiait le contrat ouvert des interprètes « en raison de la demande accrue pour des services d'interprétation à distance et de la nature difficile du travail d'interprétation pendant la pandémie »

« Pour être exécuté en toute sécurité, le travail d'interprétation doit se faire dans des conditions techniques bien précises, particulièrement en ce qui concerne la qualité du son. Ces conditions font parfois défaut quand l'interprète fait son travail à distance, ce qui a donné lieu à une augmentation des signalements d'incidents de santé et de sécurité attribuables à la qualité du son au début de la pandémie »

Déclaration du Bureau de la traduction de Services publics et Approvisionnement Canada concernant les services d’interprétation

Le  27 janvier 2021

Le Bureau de la traduction de Services publics et Approvisionnement Canada a le mandat d'offrir des services linguistiques de qualité aux institutions démocratiques du Canada. Il collabore étroitement avec l'administration de la Chambre des communes et du Sénat, les ministères et organismes fédéraux et ses autres partenaires – notamment les interprètes du secteur privé – afin d'assurer l'interprétation des séances du Parlement et du gouvernement, y compris les séances virtuelles.

Les aspects techniques liés à l'interprétation des diverses séances relèvent de leurs organisateurs et non du Bureau de la traduction, dont la responsabilité se limite aux services linguistiques. Or, le travail d'interprétation requiert des conditions techniques très précises pour être exécuté en toute sécurité, particulièrement en ce qui concerne la qualité du son. Ces conditions font parfois défaut lorsque la participation se fait à distance, ce qui a mené à une augmentation initiale des déclarations d'incidents de santé et sécurité liés à la qualité du son au début de la pandémie.

La santé et la sécurité sont une priorité pour le Bureau de la traduction, et il ne ménage aucun effort pour protéger tant ses interprètes permanents que ses fournisseurs du secteur privé. Avant même le début de la pandémie, le Bureau de la traduction avait commencé à prendre des mesures pour protéger les interprètes lors des réunions comprenant des participants à distance, leur fournissant par exemple des limiteurs de son externes. Ces mesures ont été renforcées depuis que les séances virtuelles sont devenues la norme.

Entre autres, le Bureau de la traduction sensibilise constamment sa clientèle aux dispositions à prendre pour favoriser la qualité de l'interprétation et la protection des interprètes. Il a notamment recommandé au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des précautions pour atténuer les risques lors des séances virtuelles, précautions que le Comité a incluses dans son rapport à la Chambre des communes en mai 2020, à savoir :

Par ailleurs, afin de tenir compte de l'effort accru requis pour interpréter des séances virtuelles, le Bureau de la traduction a diminué la durée de travail des interprètes affectés à ces séances sans diminuer leur rémunération; actuellement, les interprètes font en moyenne 3 heures d'interprétation par jour. Le Bureau de la traduction a également augmenté le nombre d'interprètes par séance afin de leur permettre de prendre des pauses. En tout temps, les interprètes ont la directive d'interrompre le service si les conditions de travail mettent leur santé en péril.

Le Bureau de la traduction élabore également une norme de protection de l'ouïe des interprètes, avec l'appui des experts en santé et sécurité de Services publics et Approvisionnement Canada et d'audiologistes externes. Cette nouvelle norme comprend des mesures pour réduire les risques d'incidents acoustiques, et prévoit la formation des interprètes.

Depuis le début de la pandémie, aucun interprète permanent du Bureau de la traduction n'a déclaré avoir souffert d'une perte auditive permanente et aucun n'est actuellement en congé de maladie. Les mesures déployées par le Bureau de la traduction ont depuis mené à une diminution du nombre d'incidents signalés.

De plus, le Bureau de la traduction poursuit certains projets de recherche entamés avant mars 2020 et en a lancé d'autres afin de recueillir des données probantes et de trouver des solutions concernant les enjeux liés aux interprètes. À titre d'exemple :

À noter enfin qu'en collaboration avec le Bureau de la traduction, le Parlement du Canada a remplacé toutes ses consoles d'interprétation par des modèles respectant la norme Organisation internationale de normalisation (ISO), dotés de limiteurs intégrés. De plus, pour améliorer la qualité du son lors des séances virtuelles, le Parlement a fourni des casques d'écoute avec microphone intégré aux députés et aux sénateurs, et il en envoie aux témoins qui se présentent devant les comités parlementaires.

Le Bureau de la traduction reconnaît les risques comme étant réels. Il est déterminé à poursuivre ses efforts pour protéger la santé et la sécurité de ses interprètes.

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